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Michel Henrion : « le risque absolu pour un porte-parole, c’est de devenir militant »

In Un pavé dans la "Meuse" on 26/11/2012 at 07:00

Michel Henrion

Passer d’une rédaction à un cabinet ministériel ou à un bureau de parti, il n’y a qu’un pas. De plus en plus de journalistes franchissent ce pas au point que le phénomène soit devenu banal. Rencontre avec ces visages, ces voix ou ces signatures connues qui ont décidé du jour au lendemain de quitter leur rédaction pour devenir attaché de presse auprès d’un ministre, d’un président de parti ou même au sein d’une entreprise. Après Alain Gerlache, c’est au tour de Michel Henrion, journaliste, blogueur et spécialiste des médias, il a surtout été le porte-parole de président du PS, Guy Spitaels, à l’époque où on le surnommait « Dieu ». Un article à lire en intégralité sur APACHE.BE

Michel Henrion, c’est l’un des spécialistes de la communication politique les plus suivis en Wallonie et à Bruxelles : cinquième au ‘‘Top 100 des influenceurs » du Vif-L’Express en février 2012, premier au « Top Ten des journalistes francophones belges » dans ce même classement. Chaque semaine, sur les réseaux sociaux, à la télé ou à la radio, il intervient pour analyser les faits et gestes, faire et défaire les réputations du cirque médiatico-politique de notre pays. C’est que l’homme fréquente depuis longtemps les coulisses de la vie politique belge, des couloirs du Parlement au trottoir de la rue de la Loi. D’abord comme journaliste au Pourquoi Pas ?, puis surtout, pendant huit ans, comme porte-parole de Guy Spitaels, président du PS entre 1981 et 1992, avec lequel il a mené sept campagnes électorales. Rencontre pour Apache.be avec ce « spin doctor » de la politique belge.

Le risque ? « Devenir militant »

« Quand je suis devenu attaché de presse de Guy Spitaels, j’étais journaliste. Je connaissais l’homme, j’avais eu l’occasion de le rencontrer et de l’interviewer. Pour moi, il ne s’agissait en aucun cas de devenir militant ou candidat à une élection, je ne l’ai jamais envisagé. Comme journaliste, on peut avoir des affinités politiques. C’est ce qui conduit d’ailleurs à devenir porte-parole, mais le pire, et c’est qu’il faut éviter à tout prix, c’est de devenir militant. C’est le drame absolu pour un journaliste. Au contraire, on doit garder ses réflexes de journaliste et ne jamais mentir à ses anciens confrères, pour leur raconter des histoires et faire des effets d’annonce dans les journaux, au risque de perdre très vite toute crédibilité. »

Savoir garder ses distances

« Comme porte-parole, il faut savoir garder une distance, une liberté d’action, jouer un jeu personnel par rapport à son ministre ou son président de parti car les cabinets sont un monde clos où l’on ne retrouve que des militants, vénérant leur ministre. Cette distance du porte-parole est essentielle pour pouvoir informer les autres journalistes. C’est la seule façon d’être considéré et de nouer des relations intéressantes avec un homme politique. Car entre les politiques et les journalistes, les normes sont différentes et le monde politique est un monde très arriéré par rapport à la communication. J’ai donné des documents à des journalistes, et si Guy Spitaels l’avait su, il en aurait été horrifié et ne me l’aurait pas permis. Après tout, on ne vend pas un produit alimentaire, on propose de l’information. »

L’envers du décor ? « On n’est plus dupe de rien »

« Quand un journaliste arrive dans un cabinet politique ou quand il devient porte-parole, il découvre l’envers d’un décor qu’il pouvait à peine soupçonner. Pour moi, c’est la meilleure des formations pour les journalistes parce qu’ils méconnaissent les luttes de pouvoir au sein d’un gouvernement, d’un cabinet ou d’un parti, où l’on compte ses pires ennemis, ou encore la pression des lobbys. Après cela, un journaliste n’est plus dupe de rien. Quand j’étais porte-parole, le directeur d’un groupe de presse et son directeur de rédaction sont venus me trouver pour demander des subsides pour ouvrir une imprimerie, en me disant que les colonnes dans ses journaux étaient ouvertes pour toute interview avec Guy Spitaels. Je peux comprendre l’argument économique du directeur du groupe de presse, mais pas celle du directeur de la rédaction qui ne disait rien. Moi, comme journaliste, j’étais ahuri, je n’en revenais pas. Mais c’est le genre de chose que l’on ne sait découvrir que quand on est porte-parole. Avant cette expérience, j’étais d’une grande naïveté. »

Devenir porte-parole, souvent une nécessité financière pour les journalistes

« Depuis les années 80, on n’imagine plus un politique sans un attaché de presse ou un conseiller en communication. Du coup, le milieu journalistique, c’est le milieu dans lequel les politiques vont puiser puisque les tâches d’un journaliste ou d’un porte-parole sont très proches : il s’agit de communiquer à des électeurs ou à l’opinion publique. Sans compter que le métier de journaliste est dévalorisé depuis longtemps : les salaires sont bas, beaucoup de journalistes ont du mal à nouer les deux bouts, les rédactions réduisent les coûts. C’est un métier où il est difficile d’en vivre, et si on n’a pas tout ce qu’il faut pour s’installer dans cette profession, le métier de porte-parole apparaît pour beaucoup comme une solution. »

Michel Henrion sur sa passion des médias (RTL.be)

Alain Gerlache : « on n’imagine pas la part d’improvisation au 16, rue de la Loi »

In Un pavé dans la "Meuse" on 18/11/2012 at 07:00

Alain Gerlache

Passer d’une rédaction à un cabinet ministériel ou à un bureau de parti, il n’y a qu’un pas. De plus en plus de journalistes franchissent ce pas au point que le phénomène soit devenu banal. Rencontre avec ces visages, ces voix ou ces signatures connues qui ont décidé du jour au lendemain de quitter leur rédaction pour devenir attaché de presse auprès d’un ministre, d’un président de parti ou même au sein d’une entreprise. Aujourd’hui, rencontre avec Alain Gerlache, journaliste à la RTBF et ancien porte-parole de Guy Verhofstadt entre 1999 et 2003.

Un article à lire en intégralité sur le site APACHE.BE

Aujourd’hui, Alain Gerlache est le spécialiste des médias interactifs sur la RTBF. Chaque matin, les auditeurs peuvent l’entendre dans Mediatic où il revient sur la révolution numérique. On l’oublierait presque mais pendant des années, Alain Gerlache a été le journaliste politique de la RTBF avec son émission A bout portant qui voyait défiler tout les hommes et femmes politiques du moment. C’était en 1996 et 1999, année où il est devenu, à la surprise générale, le porte-parole de Guy Verhofstadt. Pour nous, il revient sur son métier de porte-parole.

La rencontre avec Guy Verhofstadt

« C’est Guy Verhofstadt qui m’a appelé. Je ne le connaissais pas très bien. Je l’avais interviewé quelques fois. C’est lui qui m’a fait la proposition et cela correspondait à un moment où j’avais envie de changer d’air à la RTBF. Ce qui m’a plus dans cette proposition, c’est que c’était une époque où il y avait un grand changement. C’est un gouvernement inédit, une coalition qui n’avait jamais existé avec un premier ministre libéral. J’ai trouvé que c’était une aventure à tenter. Cela avait surpris tout le monde, et je ne crois pas que dans une autre situation, j’aurais franchi le pas. »

La fin d’un sacerdoce

« Si de plus en plus de journalistes quittent leur rédaction, c’est parce qu’il y a une grande précarité dans le métier. Devenir porte-parole, cela permet de mieux gagner sa vie, en continuant de faire un métier dans la communication. Ce à quoi on assiste, c’est à une banalisation de ce changement qui s’accompagne d’une désacralisation du journalisme où on n’a plus l’impression que le journalisme est un sacerdoce, le journalisme est une profession. Comme n’importe quel métier, on peut passer à un autre métier, à une autre entreprise. Cela fait partie de l’évolution du monde journalistique. Désormais, on a une vision plus professionnelle de cette fonction, d’où le fait qu’on puisse y passer de l’une à l’autre, sans trop de problème. C’est devenu banal, et plus comme une trahison des idéaux journalistiques. »

De l’autre côté de la rue de la Loi… l’improvisation et le hasard

« Je ne dirais pas qu’on découvre tout, ce n’est pas cela. Mais comme journaliste, il y a quand même des choses que je connaissais mal, que je n’imaginais même pas. Ce ne sont pas les jeux politiques qui m’ont le plus frappé, mais ce qui m’a étonné, c’est que comme tout journaliste, on a l’impression que tout en politique a été pensé, réfléchi, mais en réalité, la part d’improvisation et du hasard est beaucoup plus grande qu’on ne l’imagine. C’est ce qui fait qu’on croit qu’il y a des tas de tractations, là où il n’y a que l’effet du hasard. Il n’y a pas que cela. La vie politique est quand même moins organisée et systématisée qu’on ne le croit. Régulièrement, il m’est arrivé de devoir répondre à des questions, sans encore connaître la position de Guy Verhofstadt, et je ne pouvais pas le montrer car on a sa crédibilité à conserver. Je répondais donc comme je pensais qu’il allait répondre. Pour pallier à cette difficulté de l’improvisation, c’est important d’avoir un œil sur tous les dossiers et d’avoir une connaissance approfondie avec la personne pour laquelle on travaille. Il faut être plongé là-dedans à 1000 % »

En dix ans, le métier a changé

« Mais le métier que j’ai fait avec Guy Verhofstadt entre 1999 et 2003 n’a plus rien à voir avec celui qui existe aujourd’hui. C’est plus complexe, plus compliqué, plus lourd à gérer. Quand j’étais porte-parole de Guy Verhofstadt, on était rythmé par la télé, la radio, la presse, mais maintenant, tout est instantané, il faut réagir en permanence. Cela change complètement le travail de l’attaché de presse. C’est plus compliqué aujourd’hui et en même temps, cela permet de développer un autre type de communication.  »

Devenir militant ?

« Comme il s’agissait de devenir le premier ministre flamand, ce n’est pas aussi marqué que si j’avais travaillé pour un ministre ou un parti francophone. Ensuite, le premier ministre n’est pas amené définir la position d’un parti, mais celle d’un gouvernement et des partis qui le compose. On le voit bien avec Di Rupo aujourd’hui, il n’est plus aussi marqué socialiste qu’avant, cela vaut aussi pour son service de presse. Puis, ce n’est pas nécessaire d’être dans un parti ou de passer dans un cabinet pour un journaliste militant. Je connais des journalistes, passés par la case attaché de presse, qui sont d’une rigueur totale. Mais passer par un cabinet ministériel, cela apporte énormément à un journaliste. Le paradoxe, c’est que je serais un bien meilleur journaliste politique maintenant qu’avant. »

Retour à la rédaction

« Ce qui m’a toujours posé question, c’est de savoir comment on est perçu par le public quand on passe de journaliste à porte-parole, et inversement ? Quand je suis devenu porte-parole, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire par la suite. Mais en revenant à la RTBF, j’ai préféré ne plus faire d’actualité politique car quelque soit mon engagement pour être rigoureux, impartial dans mon travail de journaliste, je ne serais pas perçu par le public comme objectif ou neutre. J’ai donc préféré m’abstenir et me consacrer plutôt aux évolutions de la communication. »

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