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Namur, la capitale de la Wallonie sans le PS ?

In Un an en... on 11/10/2012 at 06:30

Namur, c’est la capitale de la Wallonie, la troisième ville de la région après Charleroi et Liège. Namur, c’est aussi la seule des grandes villes wallonnes où le PS est dans l’opposition après trente années passées au pouvoir. Alors comment la majorité actuelle (cdH-Ecolo-MR) a-t-elle fait pour diriger la capitale de la Wallonie sans les socialistes ?

Depuis 2006, et après trente ans de pouvoir à Namur, le PS a été rejeté dans l’opposition, suite à l’affaire SOTEGEC où il est reproché à plusieurs membres du collège communal de l’ancienne majorité la prise d’intérêt dans l’attribution de plusieurs marchés publics. Une affaire qui a changé totalement le visage de la ville au profit d’une majorité peu fréquente en Wallonie, composée du cdH, d’Écolo et du MR.

Pourtant, et si l’on en croit les derniers sondages, le PS reste toujours le premier parti à Namur et il le sera sans doute encore en 2012, même si le cdH fera tout pour conserver le mayorat de la capitale wallonne. Durant cette législature, les tensions ont été nombreuses entre la majorité et le PS. D’ailleurs, pour les trois partis de la majorité actuelle, Namur est passée à côté de nombreux subsides auprès de la Région wallonne parce que la PS n’était pas au pouvoir dans la capitale.

Selon Maxime Prévot (cdH), bourgmestre de Namur depuis mars 2012, en remplacement de Jacques Étienne, les difficultés ont été fréquentes.

« Il y a des moments où l’on sent qu’on est ralenti dans la concrétisation de certains projets namurois, du fait qu’on ait osé en 2006 ce crime de lèse majesté de ne pas confier au PS un rôle quelconque dans la majorité namuroise. Par exemple, ce fut le cas au début de la législature quand Michel Daerden (PS) était ministre des sports, Frédéric Laloux, ancien échevin de la Ville, travaillait dans son cabinet. Le hasard faisait que les dossiers namurois peinaient à trouver des subsides pour le financement de halls de sport. J’ai donc dû jouer au rapport de force auprès d’André Antoine (cdH), alors ministre de l’aménagement du territoire, pour bloquer des permis d’urbanisme sur la commune d’Ans, commune que dirigeait Michel Daerden. »

« Il n’y a pas que le PS en Wallonie »

Même constat pour Arnaud Gavroy (Ecolo). Selon lui, Namur a été mise à l’écart par le PS durant cette législature. « On a payé cher le fait que Namur ne soit plus socialiste. Il y a eu un mot d’ordre, surtout au début de la législature. Là où les socialistes ont pu mettre des bâtons dans les roues, ils l’ont fait. Plusieurs dossiers ont été arrêtés par le PS. On se souviendra de la demande de fonds structurels européens où aucun dossier namurois n’a été retenu. Il y avait une volonté claire de ne pas nous soutenir, je l’ai appris du PS lui-même. Mais bon, il n’y a pas que le PS en Wallonie, il y a moyen de faire des choses sans ce parti. »

À la veille des élections communales du 14 octobre prochain, le premier échevin écologiste souhaite la reconduite de la majorité actuelle. Il lance même un avertissement à ses partenaires de coalition : « Il y a un enjeu pour cette élection, c’est clairement est-ce que Namur va continuer sans le PS ou pas. Si un parti de la majorité fait une alliance avec le PS, il donne un mauvais signal à la Wallonie de dire qu’on ne sait pas gouverner une grande ville wallonne sans les socialistes. Le parti qui donnera ce signal, ce sera catastrophique parce qu’il démontrera une bonne fois pour toute que les grandes villes wallonnes ne savent pas faire sans le PS. »

Et ce parti prêt à s’associer au PS pourrait être le MR, un parti divisé entre la reconduite de la majorité actuelle et une alliance avec les socialistes comme en 2000. Mais pour Anne Barzin, tête de liste MR et échevine des finances, tout dépendra des résultats du parti libéral à Namur. « Une tripartie peut avoir des aspects plus compliqués, c’est vrai, mais une bipartite aussi, surtout quand les deux partenaires n’ont pas le même poids politique. Ce qui nous intéresse, c’est le projet qu’on pourra mener pour la ville, les attributions qu’on pourrait avoir, la capacité de peser vraiment notamment sur l’urbanisme ou la mobilité. »

2006, un accident de parcours pour le PS

Du côté de l’opposition socialiste, on réfute totalement le fait que Namur a été mise à l’écart par le PS. L’objectif du parti et de sa tête de liste, Éliane Tillieux, ministre wallonne de l’action sociale, c’est de conserver son leadership à Namur, et même de l’augmenter. Actuellement, le PS est le premier parti dans la capitale wallonne avec 15 sièges au conseil communal contre 13 pour le cdH.

« 2006 a été un accident de parcours pour le PS, et il faut arrêter de stigmatiser notre parti avec ce qui s’est passé lors de l’affaire SOTEGEC. En aucun cas, nous n’avons jamais bloqué un dossier de la Ville de Namur. Ce qu’on constate, il y a des subsides qu’ils ont ratés parce que les dossiers namurois étaient mal ficelés. Depuis qu’Éliane Tillieux est ministre, depuis 2009, la porte a toujours été ouverte, et on n’a jamais vu personne. Pour certains dossiers comme l’aménagement du quartier de la gare de Namur, elle a soutenu ce projet, même si elle ne l’approuve pas. Pendant cinq ans, le cdH a été moribond avec Jacques Étienne, le roi fainéant. Il a fallu que l’on s’approche des élections et que Maxime Prévot devienne bourgmestre pour que Namur se réveille », explique Olivier Rubay, porte-parole d’Éliane Tillieux qui n’a pas souhaité répondre elle-même à nos questions.

Tous les scénarios sont possibles

A quelques jours du scrutin, tous les scénarios sont donc possibles à Namur : le PS veut revenir au pouvoir tandis que le cdH fera tout pour conserver son mayorat dans une grande ville de Wallonie. « C’est clair que Namur est un enjeu pour le cdH. Le changement de bourgmestre au début de cette année, c’était un changement de génération, un changement de dynamique pour permettre au cdH de conserver la capitale wallonne », avoue Maxime Prévot, tête de liste humaniste et bourgmestre sortant.

Du côté des observateurs de la vie politique namuroise, journalistes comme politologues, on suivra de très près les résultats du 14 octobre prochain. Pour Jean-François Paco, chef d’édition du journal L’Avenir, la campagne électorale est restée jusqu’ici très feutrée. « Elle est même très peu agressive. Le programme du PS critique très, très peu au fond les résultats de la majorité sortante. Il faut vraiment aller dans les détails pour trouver des critiques. » Selon lui, une majorité sans le PS dans la capitale de la Wallonie est tout à fait possible.

« On sait gérer une ville comme Namur sans les socialistes. Même si au début de la législature, les relations entre la majorité actuelle et le PS ont été très tendues. C’est vrai que c’était un fait historique que Namur ne soit plus dirigée par les socialistes. Le PS a eu beaucoup de mal à l’avaler et la nouvelle majorité a suspecté certains socialistes de faire de l’obstruction systématique, un peu par vengeance, et donc de porter des difficultés pour l’octroi de subsides. Cela s’est vérifié dans le dossier des fonds structurels européens, Namur n’a rien eu alors que des villes socialistes de la Province de Namur en ont reçus. »

Un manque de leadership au PS

Pour le journaliste namurois, ces tensions ont disparu au fil des ans, notamment par le fait qu’Éliane Tillieux est devenue ministre. « Elle a joué le jeu et elle n’a pas voulu casser à la région ce qui se décidait à la Ville. Mais pendant les premières années d’opposition du PS, le parti a essayé de renforcer sa position à Namur, notamment en mettant à l’avant-plan des personnalités socialistes namuroises. Ce fut le cas de Frédéric Laloux qu’on a bombardé au fédéral. Résultat, ce fut un fiasco total. Il est resté ministre un mois et aujourd’hui, il se retrouve dernier sur la liste aux élections communales. »

Jean-Benoît Pilet, politologue à l’ULB et directeur du Cevipol, a consacré une étude sur la vie politique namuroise. Il fait le même constat que Jean-François Paco. Durant cette législature, le PS a clairement manqué de leadership à Namur. « On était dans une configuration où le PS était bousculé par les affaires. On ne peut pas dire qu’il était en mesure de faire de l’obstruction à Namur. Le parti a donc eu besoin de se construire un nouveau leadership. Le problème, c’est que les socialistes ont mis beaucoup de temps à le trouver et que le PS s’y est mis un peu tard pour qu’il y ait aujourd’hui un leadership incontestable et incontesté en la personne d’Éliane Tillieux. Au final, elle s’est imposée en devenant la seule femme ministre du gouvernement wallon, mais on ne peut pas dire qu’elle a été jusqu’ici très visible. Que se passera-t-il si un autre candidat socialiste comme Frédéric Laloux par exemple fait un meilleur score qu’Éliane Tillieux ? »

Namur, une ville laboratoire

Toujours selon le politologue, Namur est une ville laboratoire : « c’est la plus grosse ville de Wallonie où il y a autant de suspense. Pour le cdH, Namur est l’enjeu principal de ces élections. Si le cdH perd Namur, le parti se retrouvera cantonné à des zones rurales ou à des villes de taille moyenne comme Bastogne ou Mouscron. C’est aussi une ville intéressante à analyser parce qu’il y a à Namur des vraies questions idéologiques sur le type de société qu’on veut avoir en Wallonie. On a vu émerger des choses intéressantes à analyser, notamment avec l’arrivée d’Ecolo qui avait adopté des positions très différentes par rapport à ce qui se faisait avant en matière d’aménagement du territoire. »

Sur le même sujet, un entretien avec Pascal Delwit, politologue à l’ULB

 

Un pavé dans « La Meuse » (ép. 9) : du journalisme « palliatif »

In Un pavé dans la "Meuse" on 18/06/2012 at 21:26

Ce lundi, j’étais l’invité d’un débat sur la chaîne locale namuroise Canal C. Avec au programme : quel avenir pour les jeunes journalistes ? Du salaire des pigistes au traitement de l’information, tout y passe (en 26 minutes !).

index.php?option=com_content&view=article&id=100001847&Itemid=

A lire aussi le parcours et les réflexions de Benjamin Moriamé, journaliste indépendant : http://www.facebook.com/notes/benjamin-moriam%C3%A9/d%C3%A9clin-de-la-presse-%C3%A9crite-aux-premi%C3%A8res-loges-%C3%A0-namur/10150889160016733

Un pavé dans la « Meuse » (ép.3) : le cadavre bouge encore

In Un pavé dans la "Meuse" on 31/03/2012 at 17:22

Je ne sais pas vous, mais êtes-vous déjà parti à la recherche d’un cadavre? Si c’est le cas, soit vous avez des soucis à vous faire, soit vous avez été comme moi un jour journaliste… Quand j’étais à La Meuse, cela m’est arrivé à plusieurs reprises. Vous vous rappelez du bébé mort ? Enfin plutôt des bras et du tronc d’un bébé, retrouvés à Arbre, un petit village près de Namur? C’était le 11 février, ce jour-là, je n’avais rien à mettre dans le journal, rien à écrire. Alors j’attendais : là, un éventuel accident de voiture, ici, un potentiel incendie dans une école, rien du tout. Ce jour-là, décidément, il n’y avait rien. Rien de publiable, rien de vendable, en somme. C’est vers 18 heures, quand on espère que l’on pourra boucler un peu plus tôt que d’habitude, que le téléphone sonne toujours pour annoncer les drames. « Un bébé mort! » La une était bouclée. Deux chiens venaient de retrouver les membres congelés d’un nourrisson. La police était sur place avec hélicoptère et une cinquantaine d’hommes à la recherche des « restes » du corps du bébé. Mais le temps d’arriver sur place, après avoir tourné en rond dans le petit village, et de trouver les caméras  prêtes pour le direct dans les JT, il n’y avait plus rien, pas un policier, si ce n’est un simple cordon qui séparait les journalistes et les curieux du lieu du crime, et avant que je ne sois de retour à la rédaction, tout avait déjà été dit. En rentrant, on me demandait au hasard si je n’avais pas une photo du bébé, si on n’avait pas retrouvé d’autres parties  ou si je n’avais pas été trouvé le maître des chiens pour lui demander ce que cette « découverte » avait pu lui faire, sait-on jamais, ce n’était peut-être pas la première fois? Si bien qu’en arrivant devant mon ordinateur, au moment d’écrire l’article, je n’en savais pas plus qu’une dépêche Belga, et il fallait pourtant remplir 2.800 signes. Alors, on a rempli la page de détails insignifiants, en insistant sur le pire, sur le plus vendeur : le bébé congelé, les bras retrouvés dans la gueule d’un chien, sans avoir rien vu, ni rencontré personne, puisque sur les lieux du drame, il n’y avait rien à voir, et encore moins à dire. Quant au titre, c’était le plus pathétique possible : « Puzzle macabre à Arbre ». Sans commentaire…

L’autre cadavre. C’était un toxicomane qui vivait seul. Dans ces cas-là, le but de votre journée en tant que journaliste, c’est de trouver son nom, et si vous retrouvez sa photo, le reste n’est qu’accessoire. Le choc de l’image en somme… Il s’appelait Éric, on l’avait retrouvé mort dans son appartement du centre-ville, et comme si j’avais été flic, il fallait que j’enquête sur sa vie, que j’aille trouver ses proches,  interroger des amis de la victime à qui je devais annoncer sa mort comme si j’étais médecin légiste ou croque mort, entendre sur ce mort les rumeurs les plus folles, voir les larmes d’un ami pleurer face à la perte d’un homme qui l’avait logé un soir, les jours de grand froid. Fouiller sa vie en quelque sorte, et la voir réduite à un entrefilet, quelques signes mais pas plus, pas de place pour comprendre, encore moins pour la métaphysique  : comprendre qu’il avait perdu la garde de ses deux filles, et qu’il en souffrait terriblement, apprendre que pour se payer sa came, il jouait de la guitare dans la rue et faisait la manche comme tant d’autres… Depuis sa mort, depuis l’article, on n’a plus entendu parler d’Éric, et sa boîte aux lettres est aujourd’hui encore toujours pleine…

Parfois, les pages de nos journaux se résument à des nécrologies. Quand il y a un accident de voiture, on se demande en premier lieu : « c’est un mortel? » Là, c’est un père de famille qui rentre chez lui, ici, un fils adoré de retour d’une soirée ou d’un match de foot… j’ai entendu au bout du fil des gens pleurer la perte d’un être cher, et moi, parce que je devais bien gagner ma vie, parce qu’il fallait remplir le journal, je m’introduisais comme un curieux, un spectateur avide dans leur drame. Certains jours, j’ai parcouru des profils Facebook pour trouver des photos de victimes, frapper à la porte d’une maison d’une famille en deuil pour demander comment on se sentait après la mort d’un enfant de cinq ans. Et pour retrouver le nom ou le prénom de la victime, rien de plus simple : je téléphonais aux pompes funèbres comme si « la mort était un métier ». Et chaque week-end, les pages de nos journaux sont remplies de ces morts anonymes, de ces histoires banales, de ces drames ordinaires, et il paraît que ça se vend bien…parce que  raconter la mort, c’est est un métier!

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