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Un pavé dans « La Meuse » (ép. 8) : alors, que faire ?

In La France vue d'en haut, Un pavé dans la "Meuse" on 14/06/2012 at 21:55

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Depuis quelques semaines, je suis parti à la rencontre de journalistes pour évoquer l’avenir du métier, ses pratiques, mais aussi ses méthodes d’écriture comme avec le journalisme narratif. Première rencontre avec Florence Aubenas au sujet de son livre Le quai de Ouistreham qui vient de reparaître en format poche dans la collection « Points ».

Journaliste et grand reporter d’abord à Libération, au Nouvel Observateur et aujourd’hui au Monde, Florence Aubenas est passée de l’affaire d’Outreau à l’Irak, avec la même ferveur, le même engagement. En 2010, elle fait paraître Le quai de Ouistreham, une « quête » journalistique qui a duré six mois à la recherche d’un CDI, mais aussi à la rencontre des visages de la crise.

« Je suis journaliste : j’ai eu l’impression de me retrouver face à une réalité dont je ne pouvais pas rendre compte parce que je n’arrivais plus à la saisir. Les mots mêmes m’échappaient.» (Le quai de Ouistreham)

Passer par le livre ? Un regard critique sur le journalisme.

« C’est une nécessité pour faire du reportage face au sacré problème que rencontre la presse écrite depuis des années. Aujourd’hui, la nouvelle formule des journaux, c’est de réduire la longueur des articles. Pour prendre un exemple, le portrait qui figure à la dernière page de Libé. Quand j’ai commencé, il faisait 9.000 signes, quand j’ai quitté Libé, c’était 7.000 signes, et aujourd’hui, c’est à peine 6.000.

Pour le quai de Ouistreham, le Nouvel obs me proposait dix feuillets, c’est énorme, et en même temps, ce n’était pas assez. Les textes diminuent parce qu’on a décrété que les gens n’aimaient pas lire, et puis surtout, on a coupé les budgets, ce qui fait qu’on n’est plus capable de faire de longs articles, c’est vraiment le reflet de la crise du journalisme, c’est moins cher de faire de l’opinion et de la chronique. Pourtant, il y a un vrai besoin d’aller sur le terrain.

Les journalistes se tournent alors aujourd’hui vers les éditeurs pour faire leur reportage, leur travail d’enquête, et on voit, dès qu’un livre de journaliste sort en librairie, les bonnes pages dans tous les journaux, mais ce n’est plus actuellement dans la presse qu’on sort des révélations. »

Écrire le quotidien ? Un terrain à réinvestir.

« Ce que je constate, et cela m’a beaucoup frappé durant l’écriture du quai de Ouistreham, c’est que la presse est très bien outillée pour écrire le spectaculaire. Par contre, face au quotidien, les journalistes n’ont pas les bons outils, ils sont dépourvus pour écrire le banal, le réel.

Pour raconter la vie de femmes de ménage, on doit se déguiser, passer par l’immersion, pour décrire et redécouvrir ce qu’on a sous les yeux, il faut passer par une machinerie très lourde alors que c’est ce qu’il y a sous nos yeux. La pire claque que j’ai reçue, c’est quand je suis retournée à Caen pour dire aux personnes que j’avais rencontrées durant mon enquête que j’avais écrit un livre sur eux. On m’a dit : « première nouvelle, on s’intéresse à nous! ».

Ce n’est pas imaginable de voir à quel point les deux mondes ne sont pas en contact, l’un et l’autre, entre journalistes et citoyens. C’est pour cela que les journalistes doivent réinvestir le quotidien, c’est un engagement politique et social, au sens noble du terme. Les journaux meurent parce qu’ils ne cessent de se regarder le nombril, en restant dans le cercle des journalistes. On en oublie l’essentiel, au final ! »

Le passage au récit ? Une chance face au formatage.

« Quand on passe à l’écriture, et ce fut le cas pour le quai de Ouistreham, il y a un travail de floutage, des choses qu’on arrange parce que je ne voulais pas trahir les gens que j’avais rencontrés. Mais en faisant cela, je me posais vraiment plein de questions, c’est un des gros problèmes pendant l’écriture, c’est cette trahison du récit, ce floutage d’une réalité intime mais niée. C’est comme quand on photographie quelqu’un, la personne se retrouve devant sa représentation, et c’est toujours très compliqué de décrire quelqu’un, sa réalité, raconter sa vie en quelques lignes, quelques pages.

Mais contrairement au journal, il n’y a plus ce formatage, et c’est là, la chance du bouquin, on doit battre sa propre monnaie parce qu’on n’est plus dans la communication, mais face à des gens qui n’ont jamais eu affaire à la presse, à ses codes ou aux journalistes. C’est grâce à ce passage au livre qu’un journaliste peut décentrer le regard, trouver d’autres modes d’écriture pour décrire l’ordinaire. »

Le journalisme narratif ? Une réponse à la crise, une porte vers le renouveau.

« Je me sens écrivain parce que j’ai écrit un livre, mais je reste désespérément journaliste, et je vois que ce passage par le livre, par la narration, cela tire vers le haut le métier de journaliste. C’est sans conteste une réponse à la crise de la presse. Emmanuel Carrère, Nicolas Bouvier, Lieve Joris ou Günter Wallraff, c’est une porte vers le renouveau, ça secoue la presse, c’est une chance pour un journaliste de réfléchir à ses codes, ses démarches, ses modes d’écriture. Aujourd’hui, nous sommes submergés par le commentaire et l’émotion, sans jamais pouvoir réfléchir dessus. »

Un pavé dans « La Meuse » (ép.7) : demain sur Internet

In La France vue d'en haut, Un pavé dans la "Meuse" on 21/04/2012 at 18:51

Demain sur Internet, vous découvrirez à peu près à la même heure les résultats du premier tour des élections présidentielles. Une évidence, mais pas pour tout le monde. Dans les milieux politiques et journalistiques, on discute, on s’interroge, on attend de voir, on essaie aussi de trouver des subterfuges pour éviter la diffusion de cette information capitale.

Seul candidat déclaré demain dimanche, le journal Libération a osé franchir le pas, quitte à payer une amende de 75.000€. Chez nous et ailleurs dans le reste du monde, les premiers résultats de ces élections présidentielles seront communiqués, diffusés et commentés par les principaux médias sur leur site Internet, comme n’importe quelle information, tout simplement parce qu’elle relève de l’intérêt public. Pendant quelques heures, on revivra un peu le coup de Radio Londres et de son célèbre « Les Français parlent aux Français »…

Pourtant, et comme l’a dit Erwann Gaucher, journaliste spécialiste des médias numériques au journal Le Soir, « le législateur doit s’adapter aux médias numériques ». Il ajoute qu’il s’agit aussi d’une « démocratisation d’un privilège » :

« Aujourd’hui, les gens reçoivent l’information où qu’ils soient via leur smartphone, il y a 28 millions de comptes Facebook en France et 5 millions sur Twitter […] On se retrouve à essayer tant bien que mal de surveiller vingt ou trente millions d’internautes plutôt que de demander à neufs instituts de sondage de ne rien communique avant 20 h. Ce à quoi l’on assiste n’est rien d’autre que la démocratisation d’un privilège. Depuis toujours, des centaines de journalistes parisiens recevaient ces chiffres. Aujourd’hui, forcément, cela fuite. »

Demain sur Internet, c’est déjà aujourd’hui. A côté de ce cas d’école, à savoir la diffusion des résultats des présidentielles françaises, on découvre, une nouvelle fois, que le « quotidien de référence » des citoyens, c’est Internet. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Marcus Brauchli, directeur de la rédaction du Washington Post, alors même que ce journal de référence connaît son énième plan de réduction d’effectifs.

« La presse ne parvient pas à maîtriser le rythme d’Internet »

Actuellement, toutes les rédactions se préparent à cette « révolution » numérique, et chaque jour, nous sommes des milliers à cliquer sur les sites d’information et à partager différents articles sur les réseaux sociaux. Pourtant, et comme l’évoque Jean-Marie Charon, « la presse ne parvient pas à maîtriser le rythme d’Internet ». La cause ? C’est que le journalisme sur Internet se limite la plupart du temps à alimenter ce fameux « fil d’actualité », le plus rapidement possible, même quand il n’y a rien à dire.

La majorité des rédactions Internet ne sont là que pour faire paraître soit des dépêches, reprises sur l’ensemble des sites, sans plus-value, sans mise en valeur de l’information, soit pour reprendre des sujets repris tels quels de l’édition papier, en pensant naïvement que les lecteurs des sites iront se plonger dans les journaux. Bref, l’information sur le Net se limite à du « copier-coller », à la consommation d’articles sur les réseaux sociaux, on fait de l’audience, du clic, mais pas toujours de l’argent, tant pour les patrons de presse que pour les journalistes qui sont payés une misère (4€ net de l’heure chez Rossel), et parfois même les journalistes travaillent gratuitement pour la beauté du geste comme au Huffington Post par exemple. Tout cela pour alimenter ce fil d’actualité et assouvir notre besoin de buzz, de bavardage, mais aussi d‘ »opinion instantanée » à l’image de Twitter ou Facebook. C’est ce que constate le sociologue Jean-Louis Missika, notamment au sujet de la couverture médiatique de la campagne présidentielle, une couverture qui est celle du « tout info » :

Twitter génère un climat d’opinion instantanée. Il anticipe les sondages et offre un aperçu des réussites et des échecs des candidats dans leurs initiatives de campagne. Les réseaux sociaux accentuent cette impression de temps réel, de vitesse et d’oubli que l’on ressent avec les chaînes info.

« Sur Internet, tout ou presque se vaut »

En cela, le journalisme sur Internet n’a rien inventé ou presque puisque le journalisme se basait déjà à ses débuts sur le commentaire, la polémique, la reprise d’articles, la publicité, à savoir la diffusion des comptes-rendus des débats politiques du jour. C’est justement contre cette tendance qu’est née la presse moderne, en développant des modes nouveaux d’écriture et de diffusion de l’information, comme le roman-feuilleton, le reportage, puis l’enquête.

Cette tendance du journalisme sur le Net fait aussi que « tout ou presque se vaut », la toile est un vaste « ring » où l’on commente et discute de quasiment tout, c’est la base arrière des journalistes qui trouvent des « bobards », des « sujets de conversation », quand ce ne sont pas des « témoins » pour un sujet de société, des « images » d’un fait divers ou d’une révolution à l’autre bout du monde.

Le risque avec ce journalisme du « commentaire », c’est que les rédactions traditionnelles n’arrivent pas à transformer l’essai, et à développer justement un journalisme d’enquête, d’investigation ou de reportage, avec tout le potentiel qu’offre Internet en termes de nouveaux outils et de nouveaux modes de diffusion, de recherche et d’écriture de l’information, et ce, surtout que les journalistes n’en sont plus les seuls détenteurs et qu’il y a justement, comme le dit Erwann Gaucher, cette « démocratisation » grâce aux réseaux sociaux pour diffuser jusqu’ici ce qui était encore un « privilège » réservé à quelques centaines de personnes.

Aujourd’hui, si le développement d’un journalisme innovant sur le Net reste l’apanage de quelques sites « marginaux » pour ne pas dire « résistants », l’apanage de véritables laboratoires journalistiques comme Vice, Apache ou Owni, les rédactions traditionnelles peinent à développer cette nouvelle voie du journalisme, et ce, tout simplement parce qu’elles doivent chaque jour pallier les pertes du « papier » et donnent ainsi l’illusion sur leur site d’une information totalement « gratuite » pour tenter de conserver leurs lecteurs et d’en attirer d’autres, justement en noyant le « poisson » dans une masse d’information. Le problème, c’est qu’à terme, ce n’est pas simplement le « papier » que l’on devra regretter, mais aussi à proprement parler le « journalisme », réduit au simple « effet d’annonce » et à la vente du « temps de cerveau disponible pour du Coca-Cola »… Quand on parlait de « démocratisation », ce n’étais donc pas en vain…

La France vue d’en haut (ép.3) : Jean Quatremer et les journalistes « convenables »

In La France vue d'en haut, Un pavé dans la "Meuse" on 10/04/2012 at 19:04
 "Sexe, mensonges et médias", paru chez Plon

Le livre de Jean Quatremer "Sexe, mensonges et médias" est paru chez Plon

Chaque jour, « l’information continue règne sur la campagne ».  Voilà ce qu’écrit Raphaëlle Bacqué dans un article du Monde (daté du 4 avril) où la journaliste souligne que les candidats s’adaptent au « temps réel » des chaînes d’info, d’Internet et de Twitter qui relaient faits et gestes, entre deux flashs d’info sur LCI, I-télé ou BFM. Et malgré cette « information continue », on découvre, et ce fut le cas ce mardi, que d’anciens candidats à la fonction suprême, d’anciens présidents de la République ont eu des secrets bien gardés, souvent mieux protégés que tous les secrets sur l’arme atomique, et parfois même partagés avec les journalistes politiques, comme ce fut le cas sur l’état de santé ou sur la vie privée des résidents de l’Elysée.

Plus de quinze ans après sa mort, on apprend justement ce mardi de la part de deux journalistes que François Mitterrand « aurait vu son calvaire » abrégé à la suite d’une « injection » (il souffrait d’un cancer de la prostate depuis 1981, et ce, peu après le début de ses prises de fonction à la tête de la France), comprenez il a choisi d’être euthanasié. Toute cette journée, les sites des journaux s’en donnent à cœur joie pour révéler des « extraits chocs » ou revenir sur ces « malades qui nous gouvernent »…mais toujours après-coup!

A côté de cela, on apprend que Patrice de Maistre, l’ancien gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, a été écroué le 22 mars 2012  pour « abus de faiblesse » à l’encontre de l’héritière du groupe L’Oréal. Peu après, Le Journal du dimanche révélait des soupçons de financement illégal de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Pourquoi cette information a-t-elle été si peu reprise dans la presse française, si ce n’est sur des sites d’info comme Mediapart, le site lancé par Edwy Plenel  ou dans des journaux étrangers ? Pourquoi le président-candidat n’a pas été interrogé, sur ce sujet, par les médias ? Et qu’en est-il des « autres affaires » comme l’affaire Karachi ou la piste libyenne sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007, autant d’affaires qui reviennent dans les médias comme les jeux olympiques d’hiver… Enfin, ces infos, on les retrouve surtout sur les sites d’information comme Mediapart, Rue 89 ou Atlantico, car dans les médias traditionnels, c’est plutôt le silence et l’omerta. Comme ce fut la cas avec DSK avant New York ou le Carlton…

La connivence, une maladie « française »?

Rappelez-vous, c’était en juillet 2007. DSK est nommé à la tête du FMI, choisi par Nicolas Sarkozy. Dans son blog « Coulisses de Bruxelles », le journaliste français Jean Quatremer, correspondant pour Libération à Bruxelles, évoque les raisons de ce choix, tout en rappelant en quelques phrases seulement le « rapport aux femmes » de Dominique Strauss-Kahn :

« Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique. Après Jacques Attali et ses goûts somptuaires qui lui ont coûté la présidence de la BERD, la France ne peut pas se permettre un nouveau scandale. »

On connaît la suite de l’histoire, et il ne s’agit de revenir sur ce « nouveau scandale ». Par contre, à partir de cette « affaire DSK », Jean Quatremer a décidé d’analyser très finement les rapports de connivence entre les journalistes et les hommes politiques. Car depuis le 15 mai 2011, la vie privée des politiques ne peut plus être un argument derrière lequel les journalistes français (mais belges également) peuvent se cacher, un argument qui a souvent primé sur le devoir d’informer le public. Dans son livre, « Sexe, mensonges et médias » (Plon), le journaliste français indique comment son propre journal, Libération, n’a pas voulu enquêter sur les mœurs strauss-khaniennes alors même que Jean Quatremer disposait d’informations, notamment au moment de l’affaire Piroska Nagy.

A côté de cela, le journaliste revient aussi sur les conditions des journalistes français pour exercer leur métier, notamment pour enquêter sur les politiques dès que l’on sort de la connivence, du communiqué ou de la conférence de presse.

« La connivence ne donne aucun accès privilégié à l’information, elle crée une barrière entre le journaliste et le citoyen qui a de moins en moins confiance dans sa presse. »

Car, et c’est sans doute une des causes de la crise de la presse actuellement, c’est que les médias répondent très rarement à la demande des lecteurs, et surtout à leurs réponses. Les journalistes se retiennent, et cultivent cette retenue, notamment à l’égard des politiques, mais aussi des puissances économiques ou sociales, à ceux-là, le bénéfice de l’omerta, le respect de la vie privée et un silence assourdissant ; là où, et surtout face aux drames des citoyens ordinaires, et comme l’a montré l’accident de Sierre, la presse n’hésite pas justement à franchir les limites de la vie privée au nom du « droit de l’information », en faisant alors de la presse, une « espèce de grand déballage sur la vie des gens ».

Selon Jean Quatremer, cette connivence est aussi renforcée par la « dépolitisation » des rédactions et le renforcement du « politiquement correct » au sein du personnel journalistique, alors justement que le rôle de la presse devrait être de ne jamais « s’interdire d’enquêter ». Sans compter, et moi le premier, que tous les journalistes sortent désormais des mêmes écoles de journalisme. Nous sommes, comme l’écrit Jean Quatremer, des « généralistes », « censés être capables d’écrire dans tous les domaines, sans en maîtriser aucun. » D’où ce conformisme des articles face à la complexité des informations à traiter, les journalistes sont « dépassés » et se réfugie derrière les dépêches d’agence de presse, plus que derrière un travail individuel et intellectuel, faute de temps et de moyens…

Dans son livre, Jean Quatremer revient très justement sur la perversité du modèle économique de la presse française, un modèle qui est exactement le même qu’en Belgique où pour sauver une presse en crise, on a inventé les « aides d’Etat ». Comme le montre le journaliste, nos quotidiens sont dépendants de ces aides quasi « organiques », et ces aides sont actuellement le seul modèle économique viable… Comment prétendre que la presse est encore « un contre-pouvoir » quand son avenir dépend du « pouvoir » ?

« Pour que la presse retrouve ce goût de l’enquête dérangeante, cette envie de subvertir le pouvoir, encore faut-il qu’elle lutte contre cette connivence multiforme avec les politiques qui l’entrave. »

En guise de conclusion, le journaliste en appelle à la révolution numérique de l’information (après tout, n’est-ce pas sur son blog que Jean Quatremer osa et fut le premier à révéler en 2007 les travers de DSK ?), car « la Gazette de Renaudot est définitivement morte et enterrée, et le Net est prêt à prendre la relève. » Une Bastille imprenable pour les médias traditionnels, le défi est de taille  en tout cas…


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